Les amis, vous ne me croirez pas quand vous lirez ça vu que ce sera publié aux vacances de noël, mais nous sommes le deux décembre 2008, 00h24, et je me suis arrachée voici à peine une heure des bras de mon nouveau dieu
Johnny Borrell. Je sors en effet du concert à la coopé de Razorlight, auquel nous assistâmes avec ma comparse Caroline dans l'allégresse la plus totale. Oui car je dois vous préciser qu'à cet instant mes oreilles bourdonnent encore, j'ai des flashs qui me reviennent, je suis en état d'hystérie totale en bref, et le seul moyen de m'en sortir et de tenter de dormir un peu étant donné que demain j'ai cours, est de poser mon trouble à plat sur un écran d'ordinateur, tout cela au son de Pop song 2006 que j'écoute en souriant béatement à la couverture dont je me suis fait une tente pour m'éloigner du monde profane.
Tout commença donc voici une quinzaine de jours, lorsque Caroline me somma de l'accompagner au concert d'un certain groupe curieusement appelé Razorlight, dont je ne connaissais que America, déjà trop entendue, et In the morning qui avait le don de m'énerver prodigieusement. J'y consentis néanmoins, et une semaine plus tard je me trouvais avec ma place en cours d'impression à la fnac, en train d'épeler mon nom à un stupide subalterne stupidement nommé Mickael, tout en considérant distraitement la photo de
Johnny Borrell qui ornait la page du livret de la Coopé réservée à Razorlight (la page, pas la Coopé). "Il est pas trop mal, la chemise ouverte... Mais il porte tout le temps le collier de perles?" ironisais-je en me croyant maligne et spirituelle.
Au cours de la semaine dernière, Caroline me prêta les deux albums qu'elle possédait dudit groupe, albums que j'écoutai en boucle durant la fin de semaine et le week-end, trouvant tout cela plutôt sympathique et les chansons Tabloid Lover ou Hostage of Love vraiment dignes d'intérêt. Précisons de plus que Morgane, notre métaleuse nationale tombée on ne sait pourquoi fan en deux jours -oui bon je la ramène pas trop-, décida de faire de America notre hymne.
Bien bien bien... jour du concert. Levée à six heures tapantes au son de Tabloid Lover. Journée chiante, as usual. Attente du bus à dix-sept heures avec notre amie Morgane, descente à Jaude pour acheter deux parts de pizzas trois fromages, rapide contemplation des rues et de la place illuminées pour Noël, puis arrivée au 1000shake. Grand chocolat viennois pour moi, milkshake aux smarties pour Caroline, engloutissage de nos pizzas et d'un donut (oui nous avons l'estomac bien accroché, on peut le dire). Glandage sur Facebook jusqu'à sept heures, puis départ pour la coopé par le tram. Pour l'instant, sept personnes dans la file devant les portes. Remaquillage improvisé sans miroir. Une heure trente d'attente plutôt sereine, la file s'allongeant derrière nous jusqu'à perte de vue -en même temps vu ma taille ça veut rien dire. Vocalises de ma part. "Johnny !!! Ah non, désolée, c'était juste un mec avec une guitare." Ouverture des portes. Petite salle. Qui sera assurément comble. Faufilage jusqu'au premier rang. Posage des affaires. Asseyage par terre pour causer au milieu d'un public de collégiennes prépubères ma foi bien peu démonstratives. Tremblage compulsif de Caroline. Remplissage de la salle, quoique nous ne fûmes point trop condensées cependant (merci Caroline pour ce terme approprié à la circonstance). Attente. Sortie des portables, que nous posâmes sur la scène qui nous servait littéralement de comptoir. Première partie sympathique (Housse de racket), avec la batterie à cinquante centimètres des oreilles. Re-attente. Changeage des instruments et de leur place. Batterie au fond au milieu, clavier et piano tout à gauche, sachant qu'avec Caroline nous étions entre le milieu et la droite. Petite lampe de chevet sur le piano. Gerbes de roses ("Plastique!" merci, Anglais Bizarre, je crois qu'elle sont au courant) par terre. Equipe technique outre-manchienne qui s'agite, dont notre pote ledit Anglais Bizarre. Essais interminables, disposition des micros, entrée du groupe un peu à l'improviste, limite au milieu des assistants.
Johnny à un mètre de nous à gauche, souvent moins puisqu'il squattait le bord de la scène, le bassiste bien mignon aussi, juste devant nous avec la basse qui envoie pas mal. Ouverture par Golden Touch, suivie de In the morning excellente en live, puis Dalston, inconnue au bataillon, et enchaînement sur Tabloid lover qui me provoqua des hurlements intempestifs.
Johnny transpire.
Johnny retrousse ses manches.
Johnny est la seule personne au monde à bien porter le slim (noir).
Johnny s'amuse avec sa guitare de façon indescriptible. Caroline et moi sommes les seules à bouger et à chanter.
Johnny secoue sa chevelure trempée de sueur sur nous.
Johnny est à fond dans ses chansons.
Johnny regarde Caroline à mort.
Johnny s'asseoit sur le bord de la scène.
Johnny se marre avec le batteur. (Le batteur nous adore, on est les seules à être aussi à fond que lui.)
Johnny a soudain l'air d'un psychopathe avec son mediator entre les dents.
Johnny est abominablement SEX. Caroline et moi dansons. Je filme
Johnny de haut en bas et de bas en haut. Le mec au clavier se fout de ma gueule.
Johnny a bossé sa gestuelle. Nous tapons dans nos mains comme des quiches.
Johnny a trop la classe. Le bassiste nous snobe. L'Anglais Bizarre, planqué dans un coin de la scène, nous sourit. Nous hurlons dès que
Johnny nous en laisse le temps. Je remarque la feuille collée au sol près du micro que
Johnny consulte de temps à autres (la feuille, pas le micro) lorsqu'il ne la piétine pas allègrement. Il s'agit de la playlist. Certains titres sont illisibles, dilués par la sueur de
Johnny ou foulés par ses pas. Je décide de récupérer ladite playlist à la fin du show.
Johnny consulte celle de son batteur. Je me fous de la gueule de
Johnny.
Johnny nous regarde pendant toute la durée de Blood for wild blood et Wire to wire, qu'il interprête au piano.
Johnny reprend la guitare.
Johnny manque de nous foutre le micro par la tronche.
Johnny s'en va.
Johnny revient. A l'avant-dernier morceau,
Johnny s'approche, sa main est à quelques centimètres, l'occasion ne se présentera pas deux fois ! Hop ! J'attrape la main gauche de
Johnny de ma main droite (que je ne compte pas laver avant très longtemps).
Johnny la serre dans la sienne un instant, puis s'en retourne à son public.
Johnny a les doigts un peu moites. Les groupies me foudroient du regard tandis que j'exulte.
Johnny s'en va pour de bon. Une grognasse de l'autre côté de l'ampli qui m'éloigne de la feuille d'un bon mètre cinquante essaie de la déscotcher. Qu'importe: je m'élance à plat ventre sur la scène au milieu des micros et des câbles et parviens à arracher triomphalement avec héroïsme la partie haute de la feuille, froissée et déchirée certes, mais ornée de Tabloid Lover ainsi que des fluides corporels de
Johnny <3 -tout ça sans rien faire tomber. Nous sortons. Caroline achète un tee-shirt.
Johnny achète un poster (?).
Johnny est reconnu par des groupies.
Johnny signe des autographes. Je farfouille dans mon sac, extrais un stylo, attrape la place de Caroline et me lance dans la mêlée. Mission accomplie : je fais signer à
Johnny la feuille obtenue au péril de ma vie, ainsi que la place sacrée. Nous sortons de la foule. Caroline achète un poster. Mais pas le temps de reprendre notre souffle : il nous faut maintenant prendre une photo avec
Johnny. Nous nous faufilons derechef, mon portable à la main. Arrivées au côté de
Johnny:
Moi : Can we take a photo?
Johnny : Sure.
Johnny nous prend toutes les deux par la taille. La main de
Johnny sur nos hanches. Le bras de
Johnny sur notre dos.
Moi (à une grognasse, que j'aime en fait par la force des choses) : Tu peux la prendre stp ?
Elle tremble à mort (rhaa si c'est flou je la bute) et rame pendant dix bonnes secondes (rires gênés de tout un chacun), mais parvient enfin à prendre LA photo.
Nous : Thank you !
Moi (voix de groupie hystérique) : Hey, I touched your hand !
Johnny : Yeah! (rire complice) Thank you !
23h10. Sortie dans la nuit de décembre qui nous paraît aussi douce qu'en juin. Je file un bout de la playlist a Caroline. J'ai touché la main de
Johnny.
Johnny m'a remerciée d'avoir touché sa main.
Johnny a posé ses mains sur moi. Il aurait quand même pu nous inviter pour l'after, pas vrai Caroline ? Même si bien sûr tu as la priorité en tant que groupie depuis plus longtemps, et puis en plus sans toi j'aurais jamais su ! A quand un prochain concert où
Johnny se mettra torse nu ??? Je suis sûre que
Johnny se rappellera de nous.
Sans blague, super concert avec toi, Caro. Vivement le prochain !
Il est maintenant 01h22, je viens de me relire: eh oui, je suis passée de spectatrice blasée qui-accompagne-juste-une-copine à pouf de la fosse à
Johnny Borrell (edit soufflé par mo), tout ça en une heure trente: je fais peur, je sais....
Et le pire c'est que je m'en tape !
Pic (cash, sans aucune retouche, comme ça se voit très bien d'ailleurs) : Nous trois avec notre tête de déterrés d'après-concert : Caro, genre lapin dans les phares d'une voiture, moi au bord des larmes, et
Johnny avec sa superbe tronche de rockeur anglais, les bouclettes encore mouillées, tout simplement heureux d'avoir entre ses bras les deux plus jolies filles de la soirée.
Edit : un excellent article
ici sur ce concert, qui ressemble en tout cas plus à quelque chose que le mien, by ladite co-plus jolie fille de la soirée (oui je suis d'humeur complimenteuse aujourd'hui) et qui plane encore plus que moi en vrai d'abord ! Parce que j'ai un peu honte de faire la groupie de
Johnny et de pas parler du groupe, alors que je connais plein de chansons par coeur depuis que je les écoute, et en plus je sais les prénoms de tout le monde maintenant ! Et puis cet article est trop long et il ne ressemble à rien, et puis fuck this fucking fuck !